Ichimoku : les objectifs de prix et les cycles de temps de Hosoda
Au-delà de l'indicateur : la théorie des vagues, les objectifs de prix V, N, E et NT, et les cycles de temps de Goichi Hosoda, expliqués simplement.

Pour la plupart des traders, Ichimoku se résume à un indicateur : la Tenkan, la Kijun, le nuage et la Chikou. Si ces éléments ne vous sont pas encore familiers, commencez par mon guide des bases d’Ichimoku.
Mais l’indicateur n’est qu’une partie du travail de Goichi Hosoda. Dans son œuvre, il a aussi développé trois théories que l’on voit rarement expliquées en français : la théorie des vagues, la théorie des prix et la théorie du temps. Elles répondent à deux questions que l’indicateur seul ne traite pas : jusqu’où un mouvement peut aller, et quand le marché a des chances de réagir.
C’est ce que je vous propose de découvrir ici.
La théorie des vagues : lire la structure du marché
Pour Hosoda, tout mouvement de marché se décompose en vagues simples. Trois d’entre elles constituent la base :
- La vague I : un mouvement unique, dans une seule direction.
- La vague V : un mouvement suivi d’un mouvement inverse.
- La vague N : une hausse, un repli, puis une nouvelle hausse qui dépasse le sommet précédent (ou l’inverse en tendance baissière).
La vague N est la plus importante : c’est la brique élémentaire d’une tendance. Un marché haussier n’est qu’une succession de vagues N, avec des creux et des sommets de plus en plus hauts. Tant que cette structure se répète, la tendance est intacte. Quand un repli casse le creux précédent, la structure N est rompue.
Hosoda décrit aussi des vagues plus complexes, en forme de triangles qui se resserrent ou s’élargissent, mais elles se lisent toutes à partir de ces trois formes simples.
La théorie des prix : quatre objectifs à partir d’une vague N
Une fois la vague identifiée, Hosoda propose de calculer des objectifs de prix. Le principe : on repère trois points, puis on reporte des amplitudes déjà réalisées par le marché.
- A : le point de départ du mouvement (un creux en tendance haussière) ;
- B : le sommet de la première impulsion ;
- C : le creux du repli qui suit.
| Objectif | Calcul (tendance haussière) | Exemple |
|---|---|---|
| V | B + (B − C) | 94 000 $ |
| NT | C + (C − A) | 100 000 $ |
| N | C + (B − A) | 107 000 $ |
| E | B + (B − A) | 114 000 $ |
Avec A = 60 000 $, B = 87 000 $ et C = 80 000 $, on obtient les quatre niveaux du tableau. En tendance baissière, les mêmes calculs s’appliquent à l’envers.
- L’objectif N est le plus utilisé : il reporte la première impulsion (B − A) à partir du repli C. Le marché répète en quelque sorte son premier mouvement.
- L’objectif V reporte la profondeur du repli (B − C) au-dessus du sommet B. Plus le repli est court, plus cet objectif est proche.
- L’objectif E double la première impulsion depuis B. C’est l’objectif d’une tendance forte.
- L’objectif NT reporte l’écart entre A et C à partir de C. Il est toujours inférieur à l’objectif N : c’est le plus prudent des deux.
Ces niveaux ne sont pas des promesses. Ce sont des zones où le marché a des chances de réagir : ralentir, consolider ou se retourner. Quand plusieurs objectifs se regroupent autour d’un même prix, ou qu’un objectif coïncide avec une résistance déjà visible sur le graphique, la zone gagne en importance.
La théorie du temps : quand le marché a des chances de réagir
C’est la partie la plus originale du travail de Hosoda, et la moins connue. Pour lui, le temps compte autant que le prix. Un marché ne se retourne pas seulement à un niveau donné, mais aussi après un certain nombre de périodes.
Les nombres de base
Hosoda a mis en avant une série de nombres, les kihon suchi, dérivés pour la plupart de 9, 17 et 26 :
9, 17, 26, 33, 42, 65, 76, 129, 172
On les utilise en comptant le nombre de bougies écoulées depuis un sommet ou un creux important. Quand le compte atteint l’un de ces nombres, le marché entre dans une fenêtre de temps où un changement de rythme devient plus probable : accélération, pause ou retournement. On retrouve d’ailleurs 9 et 26 dans les réglages de l’indicateur, ce n’est pas un hasard.
L’égalité des durées
Le second outil est l’égalité des durées, ou taito suchi : un mouvement a tendance à durer autant de bougies qu’un mouvement précédent comparable. Si une première hausse a duré 26 bougies, la suivante a des chances de s’essouffler autour de 26 bougies à son tour.
Combiner le temps et le prix
Pris séparément, ces outils restent théoriques. Leur vraie force apparaît quand ils se rejoignent : un objectif de prix atteint au moment d’une fenêtre de temps. Par exemple, un prix qui touche l’objectif N exactement 26 bougies après le creux C mérite toute votre attention.
Et c’est là que l’indicateur reprend sa place. Une fois dans cette zone, ce sont les éléments d’Ichimoku qui confirment ou infirment le retournement : le prix casse-t-il la Tenkan, puis la Kijun ? La Chikou bute-t-elle sur un obstacle ? La théorie dit où et quand regarder, l’indicateur dit ce qui se passe.
Les limites à garder en tête
- Le choix des points A, B et C est subjectif. Deux traders peuvent placer leurs points différemment. Choisissez des sommets et des creux nets, visibles sur l’unité de temps que vous analysez.
- Une fenêtre de temps n’annonce pas la direction. Elle signale qu’il peut se passer quelque chose, pas quoi.
- Ce sont des zones, pas des prix exacts. Le marché peut réagir un peu avant ou un peu après.
- Rien ne remplace la gestion du risque. Un objectif atteint ou une fenêtre de temps ne justifient jamais une position sans plan de sortie.
Ce qu’il faut retenir
- Ichimoku ne se limite pas à l’indicateur : Hosoda a aussi développé une théorie des vagues, des prix et du temps.
- La vague N est la structure de base d’une tendance.
- Les objectifs V, N, E et NT se calculent à partir de trois points A, B et C.
- Les nombres 9, 17 et 26 et l’égalité des durées aident à repérer quand le marché peut réagir.
- Le plus fiable est la rencontre du temps et du prix, confirmée ensuite par l’indicateur.
Dans un prochain article, je vous montrerai comment j’applique ces outils sur un graphique réel.
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